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Qui est Sadie Sink, l’hypnotique actrice de “Stranger Things” (4/4) ?

Elle s’appelle Sadie Sink, elle a 20 ans. Elle porte des sweats zippés fluo, des Vans, des baggys typiques des années 1980 et se déplace toujours sur sa planche de skate. C’est “Mad Max”, comme on l’appelle dans Stranger Things, de son nom complet, Maxine Mayfield, l’ado rouquine apparue lors de la saison 2 et qui s’est révélée peu à peu, jusqu’à occuper une place d’exception dans la série. Et si, d’abord dans l’ombre de son frère Billie (Dacre Montgomery) et dans les marges du gang adolescent, Max était finalement devenue le personnage principal de Stranger Things ? Elle s’appelle Sadie Sink, donc, et elle est carrément géniale. Enfant, elle est déjà comédienne, et voue un culte pour High School Musical. Elle réussit à y décrocher le rôle d’Annie à l’âge de huit ans, pour une représentation à Broadway. En 2013, à 11 ans, elle apparaît très brièvement dans la première saison de The Americans, fusil en main. En 2017, elle obtient un rôle plus important dans Le Château de verre de Destin Daniel Cretton, où elle joue une des filles de Brie Larson et Woody Harrelson. C’est notamment en le côtoyant sur le tournage et sous son influence qu’elle décidera de devenir vegan, s’éloignant des ribs et des barbecues chers à son Texas natal. Cette même année 2017 est aussi celle de la consécration : celle où elle obtient le fameux rôle de Max dans Stranger Things, qui fait un tabac monstre depuis un an. Une interprétation juste et mélancolique Elle a remis le morceau de Kate Bush, Running Up That Hill, au sommet du monde. Il a envahi TikTok et les réels Insta, en rétro-tube inattendu de l’été. C’est logique, la scène s’est vite imposée comme l’emblème de cette saison 4, dans un final de mi-saison à couper le souffle. Littéralement, Vecna (le Roi de la Nuit de Game of Thrones, version eighties), l’empêche de respirer, recouvrant le visage de ses proies de sa gigantesque main. Survolant le cimetière en carcasse flottante, Max est finalement sauvée par le tube de Kate Bush et retombe au sol. “I’m here”, glissera-t-elle à ses ami·es, reconnectée au monde, sauvée in extremis par la pop culture. Si cette scène a autant marqué, c’est parce qu’au fil des saisons, “Mad Max” a su s’imposer comme un personnage particulièrement profond, d’une tristesse inouïe. Sadie Sink y est pour beaucoup dans l’interprétation juste et mélancolique de cette gamine indisponible émotionnellement. “I’m here” pour dire que, ça y est, elle est de retour parmi les vivant·es. Pour dire, surtout, ô combien elle n’était plus là. Elle qui cristallise le nerf le plus sensible de cette quatrième saison : l’impasse d’une expression typiquement adolescente, une inadaptation au monde, un enfermement sur soi. La trajectoire de Max a ainsi dépassé en intérêt celle d’Eleven (Millie Bobby Brown), moins épique (la quête des pouvoirs perdus) et plus sentimentale (sa relation avec Lucas), moins saturée (un harcèlement scolaire poussif), plus épurée (une économie de gestes, de mots). L’interprétation, souvent grave, de Sadie Sink a, malgré tout, sa part de naïveté. Au petit jeu des plans isolés sur des regards surpris, dont la série se gargarise inlassablement, elle s’en sort brillamment. Ses yeux racontent beaucoup, cerclés d’une rousseur impeccable. Après avoir été sauvée, elle se balade avec le son de Kate Bush dans un walkman vissé sur les oreilles. Il y a de quoi devenir fou, mais c’est le seul rempart à l’upside down, et c’est peut-être un symptôme de la série, dont on voyait déjà très vite les limites en cours de saison 2 : assumer de se mettre en mode repeat. Émergeante au cœur de ce bégaiement artistique, Sadie Sink/Max apparaît ainsi comme un remède au manque d’inspiration des showrunners, ayant trouvé en elle la possibilité d’une nouvelle grande figure pour relancer la série et son intérêt. Une percée sur grand écran Depuis 2017 et ses débuts dans Stranger Things, Sadie Sink n’est apparue au cinéma que dans Eli, un film d’horreur sorti sur Netflix en 2019. Son premier grand rôle sur le grand écran arrive certainement en septembre. On la retrouvera en effet lors de la prochaine édition de la Mostra de Venise où elle est à l’affiche du nouveau film de Darren Aronofsky, The Whale. Elle y joue la fille de Brendan Fraser, interprétant un homme de 270 kilos qui tente de renouer des liens familiaux. On a hâte de voir comment elle se débrouille chez Aronofsky, qui marque par ailleurs un grand retour, absent des écrans depuis 2017 avec Mother!.

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